Site geologique
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| Sculpture d'un rudiste ( Requienia ammonia) offerte par l'usine Omya à l'occasion du 50ième anniversaire de la carrière d'Orgon. |
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Un peu de géologie pour les initiés
Orgon, auquel le crétacé urgonien emprunte le nom, est un haut lieu de la géologie et de la paléontologie provençale.
Tout commence à l’entrée ouest du village où la sculpture remarquable en bronze d’un requienia ammonia symbolise la richesse en fossiles des carrières de carbonate de calcium exploitées par la société OMYA;
L’étude des épaisses couches de calcaires affleurant à Orgon, qui recèlent des fossiles particuliers et caractéristiques, est à l’origine de la définition de l’étage urgonien (du nom latin d’Orgon) par un des fondateurs de la paléontologie, A. d’Orbigny en 1850. Ces terrains appartiennent au crétacé inférieur. Ce sont des sédiments marins carbonatés qui se sont déposés il y a 120 à 110 millions d’années. Des études ultérieures ont révélé que les dépôts urgoniens étaient contemporains des étages du Valanginien, de l’Hauterivien, du Barrémien et de l’Aptien inférieur ; aujourd’hui on parle de faciès. Les sédiments constituant l’Urgonien se sont déposés sur les plates-formes peu profondes qui encadraient un sillon profond de la mer que l’on nomme Téthys ou Mésogée. Ce sillon que les géologues nomment « bassin vocontien » se prolongeait à l’ouest jusqu’au massif central. Son centre correspondait à la région du Diois dans le département de la Drôme et son nom vient d’un peuple qui occupait cette région durant l’antiquité et que l’on nomme voconce. 
Trois formations ont été définies à Orgon par J.P. Masse (1976) :
- Une formation constituant la partie inférieure des falaises d’Orgon qui comprend des calcarénites fines entre lesquelles s’intercalent dans la partie médiane et au sommet, des calcarénites grossières et à grain moyen. A la base et dans la tranche supérieure les bancs se chargent en silex.
- Une formation visible sous ND de Beauregard et constituant une grande partie du massif des plaines, dont la partie supérieure est envahie par des silex. Elle est constituée de calcarénites généralement fines dans lesquelles s’intercalent vers le haut des calcarénites grossières et, par endroits, des niveaux à débris de madréporaires. L’ensemble ne renferme pas de rudistes.
- Une formation correspondant au « calcaire à rudistes » définie par d’Orbigny. Dans cette formation, J.P. Masse distingue trois niveaux:
- Un niveau comportant des formations construites qui sont emballées dans un calcaire biodétritique fin de faciès crayeux. Ces biohermes reposent généralement sur des calcarénites à silex avec interposition de calcaires à débris de madréporaires. Des calcarénites à rudistes coiffent la formation.
- Un niveau de calcaire dur à rudistes constitué de calcarénites fines et grossières renfermant des débris de test irrégulièrement répartis. Des lumachelles à rudistes s’intercalent dans la formation sans position bien définie. Ces calcaires forment les falaises qui dominent les vallons de Mestre, du Pêcheur et d’Adeline.
- Un niveau de calcaire crayeux qui sont des calcarénites peu cohérentes renfermant des tests entiers de rudistes facilement dégageables. Des bancs durs à rudistes abondants s’intercalent dans les calcaires crayeux. Ces calcaires crayeux se situent à la partie terminale de la formation urgonienne. Ils donnent un affleurement continu depuis Orgon jusqu'au vallon de l’Oule. Au-delà vers l’Ouest ils disparaissent certainement enlevés par l’érosion.
, La formation de ces calcaires résulte de phénomènes complexes qui expliquent leurs caractères tendres et crayeux : dans un premier temps des débris d’organismes marins se sont cimentés avec de grands cristaux de calcite puis dans un deuxième temps, les organismes ont été dissous par l’eau interstitielle et de très petits cristaux de calcite ont cristallisé dans les vides ainsi créés.
Ces petits cristaux de calcites s’appuient les uns sur les autres par leurs arêtes ou leurs sommets, laissant ainsi beaucoup de vide entre eux. Cette libre cristallisation de ces petits cristaux peu engrenés les uns aux autres expliquent le caractère crayeux de ce calcaire. Durant l’Aptien, l’approfondissement du milieu et l’afflux de matériaux terrigènes liés vraisemblablement à la fermeture de la Téthys occidentale et à une crise plus globale faisant intervenir des variations climatiques, eustatiques et courantologiques a conduit à la disparition des milieux de sédimentation urgoniens.
Ainsi le phénomène urgonien qui correspond à l’extension d’une plate-forme carbonatée sur l’ensemble du territoire périvocontien (sauf à l’Est), constitue l’événement le plus marquant de l’histoire du Crétacé du Sud-Est de la France. Il s’agit là d’un patrimoine paléontologique d’exception. Les niveaux correspondants au « calcaire à rudistes » contiennent une variété de fossiles importante, caractéristique d’un milieu marin de type subtropical. L’étude de ces fossiles depuis le XIXème siècle par de nombreux paléontologues et géologues a permis de répertorier plus de 150 espèces sur la commune d’Orgon. La majeure partie de ces fossiles sont des invertébrés : Protozoaires, algues, spongiaires, madréporaires, bivalves, gastéropodes, brachiopodes, échinidés et céphalopodes.
Les conditions de fossilisation n’ont pas permis la conservation ou la recristallisation du phosphate de calcium constituant les os des vertébrés. Seules quelques rares dents de poissons ont été retrouvées mais un grand nombre d’espèces, notamment de poissons, devaient vivre dans ce milieu. Parmi les espèces connues, certaines sont des holotypes. Cela signifie qu’elles ont été décrites pour la première fois à partir d’échantillons récoltés à Orgon. Ces fossiles sont considérés comme « étalon » de l’espèce au niveau international.
Certains sont également à l’origine de la définition de niveaux supérieurs dans la classification des espèces tel que le genre ou la famille. Certains groupes de fossiles ont totalement disparu. C’est le cas des rudistes, bivalves dont le Requienia ammonia constitue de par son abondance et sa conservation parfois remarquable l’espèce emblématique de l’Urgonien à Orgon. C’est également le cas des nérinées et des harpagodes qui sont des gastéropodes.
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Des anciennes carrières beaucoup plus modestes ont été reconverties, ci-dessous la carrière du moulin à vent où sont circonscrites les arènes, la carrière de lavau devenue lac, la carrière montée de beauregard qui héberge le court de tennis.
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| Le lac de Lavau | Le terrain de tennis |
Plongée dans le lagon tropical d’Orgon

Ce samedi 23mai 2009, à Orgon, 40 participants, venus des villages des Alpilles, invités par la Ligue de Défense des Alpilles et les Amis du Site d’Orgon sont réunis pour une matinée de découverte géologique à la carrière de carbonate de calcium, organisée grâce à l' autorisation de la société Omya.
Nous sommes accueillis par José Garcia, directeur de l’entreprise, Fabrice Aubert, paléontologue, Annick Blanc présidente de la Ligue de Défense des Alpilles, Claudette Zavagli, présidente des Amis du Site d’ Orgon.
Devant le belvédère qui surplombe la carrière Montplaisant Fabrice Aubert invite notre assistance à un voyage dans le temps :
il y a 6,7 millions d’années apparaissent les premiers hominidés, caractérisés par leur bipédie permanente;
il y a 65 millions d’années au début du tertiaire se produit l’extinction biologique d’au moins 90% des espèces, dont celle des dinosaures et des rudistes;
il y a 110 millions d’années, au point où nous nous trouvons nous serions tous sous le niveau de la mer et le milieu de vie serait celui d’un lagon tropical peuplé d’une faune invertébrée : ammonites, coquilles saint Jacques, échinidés (oursins), gastéropodes, nautiles, céphalopodes, harpagodes, micro organismes. Fabrice Aubert a apporté quelques spécimens de ces espèces fossilisées qu’il nous décrit.
Ci-dessous collection du paléontologue Fabrice Aubert
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Cette formation géologique classifiée stratotype urgonien en 1850 par A.d'Orbigny , paléontologue, fait du gisement d’Orgon une référence mondiale.
Au pied d’un front de taille dans un éboulis laissé pour la circonstance, les visiteurs découvrent avec curiosité des fragments de fossiles incrustés dans des blocs de roche.
José Garcia présente les utilisations du carbonate traité par voie sèche et humide, sa pureté chimique à 99,9% le réservant pour des emplois nobles, il entre comme constituant ou excipient dans les produits pharmaceutiques, alimentaires, plastiques, dans les peintures, le papier.
En désignant la partie Est réhabilitée de la carrière par végétalisation, prairie sèche, talutage, José Garcia explique comment depuis 1972 l’entreprise stocke la terre végétale pour son programme de réaménagement tout en veillant à laisser des parois-témoin destinées aux amateurs de fossiles et aux scientifiques.
Les organisatrices remercient les participants de leur écoute participative et nos deux guides d’avoir rendu leur sujet éminemment complexe aussi accessible.
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